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Alain - Émile-Auguste Chartier - Propos - Les citations

07-01-2017 - 23:4430-12-2019 - 06:22

ATTENTION : LES CLAVIERS DE TÉLÉPHONE ÉTANT DE PLUS EN PLUS CONS, IL SE POURRAIT QUE LE MIEN AIT DÉCIDÉ DANS SON INTELLIGENCE DE BAS ÉTAGE DE MODIFIER QUANTITÉ DE MOTS POUR, AU FINAL, RENDRE LES TEXTES ILLISIBLES. C'EST LÀ TOUTE L'INTELLIGENCE DE GOOGLE QUI S'EXPRIME. JE VOUS DEMANDE DE BIEN VOULOIR, PAR AVANCE, EXCUSER LA BÊTISE DE CETTE ENTREPRISE ET/OU DE SES INFORMATICIENS. CERTAINS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ RECRUTÉS À RABAIS.

Alain, né Émile-Auguste Chartier (3 mars 1868 — 2 juin 1951), m'a toujours séduit. J'avoue que son histoire de Mollusques n'y est pas étrangère. Je me suis donc mis en devoir de commencer un travail d'extraction de citations — celles qui m'intéressent — de ses Propos I, texte établi et présenté par Maurice Savin à la Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1956.

Association des anciens élèves - Photos de classe
Photo de classe d'Alain au lycée Henri IV vers 1914

Comme j'entame souvent beaucoup de travaux simultanément, ce travail-ci ne sera publié qu'au fur et à mesure. Sachez, ami lecteur — faudra un jour que je me décide à vous tutoyer ou à te vouvoyer pour de bon — que je suis ainsi câblé qu'il m'est impossible de ne pas empiler et que je ne finis que rarement mon ouvrage car je me laisse toujours entraîner par plus urgent ou plus important. J'ai un cerveau construit de bribes.

ICI REPRENDRE TOUTES LES MISES EN EXERGUE FAITES DANS LIVRE PLÉIADE (VOLUME 1) JUSQU'À LA PAGE 114
La grève

Le citadin frappa la terre avec sa canne, et dit «Oui, nous allons vers l'esclavage universel.» De la terrasse où nous étions assis, on voyait toute la vallée qui buvait le soleil. Les petits champs, sarclés, bêchés, dessinés comme des carrés de jardins, étalaient sous nos yeux les riches couleurs de la terre, le brun, l'ocre rouge, le jaune, le gris bleu, avec des morceaux d'un vert éclatant, ça et là. Parfois on entendait un cri, ou le cliquetis d'un attelage, le bruit suraigu d'un outil qui frappe sur une pierre. Mais le citadin en était toujours à la grève des postiers.

«Oui, dit-il, nous en viendrons à dépendre tellement les uns des autres qu'il n'y aura plus liberté ni amitié parmi les hommes. Chacun de nos besoins sera l'esclave d'un système distributeur ou nettoyeur, comme sont déjà les postes, la lumière et le tout- à-l'égout. Nous serons nourris par compagnie ou syndicat, comme nous sommes maintenant transportés. Une menace de grève sera une menace de mort. Il est à prévoir que la défense sera du même genre que l'attaque, il faudra de terribles châtiments; tout refus collectif de travail sera un acte de guerre qui exigera une riposte de guerre. Et, comme chacun dépendra de chacun, nous vivrons dans la terreur et l'esclavage.»

in Propos — 18 avril 1909

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Il y a un roman de Dickens, La Petite Dorrit[/em>, qui n'est pas parmi les plus connus, et que je préfère à tous les autres. Les romans anglais sont comme des fleuves paresseux : le courant y est à peine sensible, la barque tourne souvent au lieu d'avancer; on prend goût pourtant à ce voyage, et l'on ne débarque pas sans regret.

Dans ce roman-là, vous trouverez des Mollusques de tout âge et de toute grosseur; c'est ainsi que Dickens appelle les bureaucrates, et c'est un nom qui me servira. Il décrit donc toute la tribu des Mollusques, et le Ministère des Circonlocutions, qui est leur habitation préférée. Il y a donc de gros et puissants Mollusques, tel lord Decimus Tenace Mollusque, qui représente les Mollusques à la Haute Chambre, et qui les défend quand il faut et comme il faut; il y a de petits Mollusques aux deux Chambres, qui ont charge, par des [em]Oh! et des Ah! de figurer l'opinion publique, toujours favorable aux Mollusques. Il y a des Mollusques détachés un peu partout, et enfin un grand banc de Mollusques au Ministère des Circonlocutions. Les Mollusques sont très bien payés, et ils travaillent tous à être payés encore mieux, à obtenir la création de postes nouveaux où viennent s'incruster leurs parents et alliés; ils marient leurs filles et leurs sœurs à des hommes politiques errants, qui se trouvent ainsi attachés au banc des Mollusques, et font souche de petits Mollusques; et les Mollusques mâles, à leur tour, épousent des filles bien dotées, ce qui attache au banc des Mollusques le riche beau-père, les riches beaux-frères, pour la solidité, l'autorité, la gloire des Mollusques à venir. Ces travaux occupent tout leur temps; ne parlons pas des papiers innombrables qu'ils font rédiger par des commis, et qui ont pour effet de décourager, de discréditer, de ruiner tous les imprudents qui songent à autre chose qu'à la prospérité des Mollusques et de leurs alliés.

Le même jeu se joue chez nous, et à nos dépens. Mollusques aux chemins de fer, aux Postes, à la Marine, aux Travaux publics, à la Guerre; alliés des Mollusques au Parlement, dans les Grands Journaux, dans les Grandes affaires. Mariages de Mollusques, déjeuners de Mollusques, bals de Mollusques. S'allier, se pousser, se couvrir; s'opposer à toute enquête, à tout contrôle; calomnier les enquêteurs et contrôleurs; faire croire que les députés qui ne sont pas Mollusques sont des ânes bâtés, et que les électeurs sont des ignorants, des ivrognes, des abrutis. Surtout veiller à la conservation de l'esprit Mollusque, en fermant tous les chemins aux jeunes fous qui ne croient point que la tribu Mollusque a sa fin en elle-même. Croire et dire, faire croire et faire dire que la Nation est perdue dès que les prérogatives des Mollusques subissent la plus petite atteinte, voilà leur politique. Ils la font à notre nez, jugeant plus utile de nous décourager que de se cacher, produisant de temps en temps un beau scandale afin de nous prouver que nous n'y pouvons rien, que l'électeur ne peut rien au monde, s'il n'adore le Mollusque. Ils feront de Briand un Dieu, et de Painlevé un brouillon et un écervelé; ils perdront enfin la République si elle refuse d'être leur République. Ce qu'un très grand Mollusque exprimait récemment, en disant, à un déjeuner de Mollusques : “Dans cette décomposition universelle, dans cette corruption, dans cette immoralité, dans ce scepticisme, dans cette incompétence qui s'infiltrent partout, je ne vois que l'administration qui tienne encore, et c'est elle qui nous sauvera.”

in Propos — 2 janvier 1911


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