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Comfortably Numb

09-01-2017 - 06:5609-01-2017 - 15:39

musique

Nous nous sommes endormis. Profondément. Un puissant narcotique empoisonne l'air que nous respirons. Tous les jours. Partout. Nous avons été dépossédés de la démocratie, on nous a volé nos vies et ne sommes désormais plus en position de réfléchir et de penser par nous-mêmes. Nous sommes devenus de simples animaux domestiqués, soumis à une culture globale vide de sens. Tout ce que nous faisons obéit de plus en plus à une ritualisation sans relief, à des codes de conduite de masse que d'autres ont établis pour régir nos vies. Nous sommes devenus un troupeau obéissant à des règles ineptes, à des stimuli appris et entretenus, à des désirs insufflés d'une débilité affligeante. Bref, je ne saurais mieux dire que nous sommes devenus ce troupeau qui va de l'étable aux champs pour y livrer son travail quotidien, répétitif et le plus souvent inutile (c'est la machine que l'on crée pour qu'elle fonctionne et qui fonctionne pour se maintenir, sans plus), puis des champs à l'étable par un Maître innommable qui ne dit pas son nom et qui reste en-dehors de notre champ de vision (par notre propre aveuglement). Confortable l'étable, certes, remplie d'écrans de toutes sortes pour qu'on nous livre notre pâtée quotidienne dans laquelle la drogue qui nous endort est savamment mélangée à l'insu de notre plein gré : que — ou majoritairement — des émissions débiles qui nous endorment, parents, grands-parents et enfants ! Même l'école est faite pour nous rendre manipulables. Nous sommes devenus des consommateurs, des clients. Ce n'est pas sans cynisme si on se rappelle correctement l'étymologie du mot : clientEmpr. au lat. class. cliens, -entis « protégé d'un patronus », « individu ou peuple vassal chez les peuples celtes » en lat. médiév. « vassal » et « ministerialis, serviteur de la domesticité du maître ».

Nous ne sommes plus que des marcheurs qui vont ils ne savent où à un pas cadencé dans de longues files de corps décharnés, éviscérés de leur libre arbitre. Nous allons là où la musique du monde nous conduit avec plaisir car telle est la suprême abomination : nous faire croire que nous sommes heureux et surtout libres pour que nous y allions avec docilité et même en croyant que nous en avons choisi la destination.

Voici cinq chansons qui illustrent ce propos. Quatre sont de Pink Floyd, l'album Thé Wall qui devrait être considéré comme le film qui sont les images de ce texte, une est d'Alain Souchon. Les paroles de ces chansons sont importantes au-delà d'avoir été des titres à succès.

Pink Floyd – The Happiest Days Of Our Lives + Another Brick In The Wall

When we grew up and went to school
There were certain teachers who would
Hurt the children any way they could
By pouring their derision
Upon anything we did
Exposing every weakness
However carefully hidden by the kids

But in the town it was well known
When they got home at night, their fat and
Psychopathic wives would thrash them
With the inches of their lives

We don't need no education
We don't need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave them kids alone
Hey! Teachers! Leave them kids alone
All in all it's just another brick in the wall
All in all you're just another brick in the wall

We don't need no education
We don't need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave those kids alone
Hey! Teachers! Leave those kids alone
All in all you're just another brick in the wall
All in all you're just another brick in the wall

in Comfortably Numb
Pink Floyd – Nobody Home

I've got a little black book with my poems in
Got a bag with a toothbrush and a comb in
When I'm a good dog, they sometimes throw me a bone in

I got elastic bands keeping my shoes on
Got those swollen-hand blues
I got thirteen channels of shit on the TV to choose from
I've got electric light
And I got second sight
I got amazing powers of observation
And that is how I know
When I try to get through
On the telephone to you
There'll be nobody home

I've got the obligatory Hendrix perm
And the inevitable pinhole burns
All down the front of my favorite satin shirt
I got nicotine stains on my fingers
I got a silver spoon on a chain
Got a grand piano to prop up my mortal remains

I've got wild staring eyes
And I got a strong urge to fly
But I got nowhere to fly to
Ooh, babe when I pick up the phone
There's still nobody home

I've got a pair of Gohills boots
But I got fading roots

in Comfortably Numb
Pink Floyd - Welcome To the Machine

Welcome my son,
Welcome to the machine
Where have you been?
It's alright we know where you've been
You've been in the pipeline, filling in time
Provided with toys and scouting for boys
You bought a guitar to punish your ma
And you didn't like school, and you
Know you're nobody's fool
So welcome to the machine

Welcome my son,
Welcome to the machine
What did you dream?
It's alright we told you what to dream
You dreamed of a big star
He played a mean guitar
He always ate in the Steak Bar
He loved to drive in his Jaguar
So welcome to the machine

in Comfortably Numb
Pink Floyd - Comfortably Numb

Hello? Hello? Hello?
Is there anybody in there?
Just nod if you can hear me
Is there anyone at home?
Come on now
I hear you're feeling down
Well I can ease your pain
Get you on your feet again
Relax
I'll need some information first
Just the basic facts
Can you show me where it hurts?

There is no pain you are receding
A distant ship smoke on the horizon
You are only coming through in waves
Your lips move but I can't hear what you're saying
When I was a child I had a fever
My hands felt just like two balloons
Now I've got that feeling once again
I can't explain you would not understand
This is not how I am
I have become comfortably numb
I have become comfortably numb

Okay
Just a little pinprick
There'll be no more, ah
But you may feel a little sick
Can you stand up?
I do believe it's working, good
That'll keep you going through the show
Come on it's time to go

There is no pain you are receding
A distant ship, smoke on the horizon
You are only coming through in waves
Your lips move but I can't hear what you're saying
When I was a child
I caught a fleeting glimpse
Out of the corner of my eye
I turned to look but it was gone
I cannot put my finger on it now
The child is grown
The dream is gone
I have become comfortably numb

in Comfortably Numb
Alain Souchon - Foule sentimentale

Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités des choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent

On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né Pour des cons alors qu'on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d'idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

in Foule sentimentale

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