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L'art de ramper - les citations

26-12-2016 - 22:2227-12-2016 - 09:19

Qui est le Baron d'Holbach ? D'origine allemande (Paul Heinrich Dietrich von Holbach), avocat au Parlement de Paris, un des acteurs des Lumières, ami de Rousseau et de Diderot; le titre de l'essai étant “Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans”. Le texte est court, incisif, et particulièrement cynique.

Je me plais à reproduire ici quelques citations bien senties que j'extrais en pensant à quelques-uns que j'ai cotoyés. Bonne et belle lecture, gentlemen !

C'est (l'homme de Cour, NDA) un animal amphibie dans lequel tous les contrastes se trouvent rassemblés. — in Essai sur l'art de ramper
[…] un courtisan est tantôt insolent et tantôt bas; tantôt de l'avarice la plus sordide et de l'avidité la plus insatiable, tantôt de la plus extrême prodigalité, tantôt de l'audace la plus décidée, tantôt de la plus honteuse lâcheté, tantôt de l'arrogance la plus impertinente, et tantôt de la politesse la plus étudiée; en un mot c'est un Protée, un Janus, ou plutôt un Dieu de l'Inde qu'on représente avec sept faces différentes. — in Essai sur l'art de ramper
Le souverain lui-même n'est que leur homme d'affaires; quand il fait son devoir, il n'a d'autre emploi que de songer à contenter leurs besoins, à satisfaire leurs fantaisies; trop heureux de travailler pour ces hommes nécessaire dont l'État ne peut se passer. Ce n'est que pour leur intérêt qu'un Monarque doit lever des impôts, faire la paix ou la guerre, imaginer mille inventions ingénieuses pour tourmenter et soutirer ces peuples. En échange de ces soins, les courtisans reconnaissants payent le Monarque en complaisances, en assiduités, en flatteries, en bassesses, et le talant de troquer contre des grâces ces importantes marchandises edt celui qui sans doute est le plus utile à la Cour. — in Essai sur l'art de ramper
(Les courtisans, NDA) lui (le Souverain, NDA) immolent continuellement leur honneur, leur probité, leur amour propre, leur honte et leurs remords; […] — in Essai sur l'art de ramper
De tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. — in Essai sur l'art de ramper
Il est quelques mortels qui ont de la roideur dans l'esprit, un défaut de souplesse dans l'échine, un manque de flexibilité dans la nuque du cou; cette organisation malheureuse les empêche de se perfectionner dans l'art de ramper et les rend incapable de s'avancer à la Cour. — in Essai sur l'art de ramper
La Cour n'est point faite pour ces personnages altiers, inflexibles, qui ne savent ni se prêter au caprice, ni céder aux fantaisies, ni même, quand il en est besoin, approuver ou favoriser les crimes que la grandeur juge nécessaire au bien-être de l'État. — in Essai sur l'art de ramper
Un bon courtisan ne doit jamais avoir raison, il ne lui est point permis d'avoir plus d'esprit que son maître ou que le distributeur de ses grâces, il doit bien savoir que le Souverain est l'homme en place ne peut jamais se tromper. — in Essai sur l'art de ramper
Le courtisan bien élevé doit avoir l'estomac assez fort pour digérer tous les affronts que son maître veux bien lui faire. — in Essai sur l'art de ramper
Un boudeur, un homme qui a de l'humeur ou de la susceptibilité ne saurait réussir. — in Essai sur l'art de ramper
Tous ceux qui ont le pouvoir en main prennent communément en fort mauvaise part que l'on sente les piqûres qu'ils ont la bonté de faire, ou que l'on s'avise de s'en plaindre. — in Essai sur l'art de ramper
Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage. — in Essai sur l'art de ramper
Le grand art du courtisan, l'objet essentiel de son étude, est de se mettre au fait des passions et des vices de son maître, afin d'être à portée de le saisir par son faible : il est pour lors assuré d'avoir la clé de son cœur. Aime-t-il les femmes ? Il faut lui en procurer. Est-il dévot ? Il faut le devenir ou se faire hypocrite. Est-il ombrageux ? Il faut lui donner des soupçons contre tous ceux qui l'entourent. Est-il paresseux ? Il ne faut jamais lui parler d'affaires; en un mot il faut le servir à sa mode et surtout le flatter continuellement. Si c'est un sot, on ne risque rien à lui prodiguer les flatteries même qu'il est le plus loin de mériter; mais si par hasard il avait de l'esprit ou du bon sens, ce qui est assez rarement à craindre, il y aurait quelques aménagements à prendre. — in Essai sur l'art de ramper
Il (le courtisan, NDA) doit savoir par cœur le tarif de tous ceux qu'il rencontre, […] — in Essai sur l'art de ramper
[…] être l'ami de tout le monde, mais sans avoir la faiblesse de s'attacher à personne; […] — in Essai sur l'art de ramper
Il est indispensable de détester sur-le-champ quiconque a déplu au maître ou au favori en crédit. — in Essai sur l'art de ramper
L'esprit de l'Évangile est l'humilité; le Fils de l'Homme nous a dit que celui qui s'exalte serait humilié. — in Essai sur l'art de ramper

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