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Vers une nouvelle crise financière mondiale ?

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02-02-2016 - 07:3013-04-2019 - 13:52

Dette, crise

Aujourd'hui même je titrais la Breaking News suivante :

Il faut s'attendre à une nouvelle crise financière mondiale. Celle-ci viendra de la dette des États, une dette abyssale qui ne peut être remboursée.

Tous les états sont endettés. Tous ! Dans ma naïveté la plus absolue j'ai toujours pensé qu'on ne pouvait être endetté que vis-à-vis de plus riche que soi, quelqu'un qui vous a consenti un prêt temporaire qu'il sait qu'il va lui être remboursé. Quelle sottise ! Aujourd'hui les prêts ne viennent plus des plus riches : ils sont consentis par d'autres qui ne sont pas nécessairement dans une situation financière plus confortable, ils sont consentis sur base de la seule capacité à rembourser l'intérêt et non plus le principal, et personne ne trouve même à redire si, pour rembourser l'intérêt, vous ayez recours à {...} l'emprunt. Je force le trait en affirmant que ceux qui nous prêtent si gentiment l'argent dont nous pensons avoir besoin ne disposent même pas de cet argent : ils le fabriquent !

Si l'Asie est endettée, y compris le dragon chinois, si l'Europe est endettée, si l'Amérique est endettée, tant du Nord que du Sud, si l'Afrique est endettée, si l'Océanie est endettée, alors nous sommes tous en droit de nous demander “mais qui donc prête l'argent“? Vous vous dites que c'est absurde, que je dois me tromper. Non, aucune erreur ! C'est simplement que nous sommes tous aussi naïfs les uns que les autres, que c'est trop gros pour qu'on puisse y croire. Mais comme le dit Sherlock Holmes, quand vous avez éliminé toutes les pistes logiques, il ne reste que les plus paradoxales à examiner !

L'argent provient d'un emballement du crédit, lequel crédit n'est que … de la dette. En d'autres termes, les banques créent de l'argent sans le moindre contrôle — quoiqu'en disent nos élus, qui, à mon humble avis, sont aussi naïfs que nous le sommes —, un argent qui n'a plus aucune valeur et ce sont nos propres structures dites démocratiques qui leur permettent d'opérer de la sorte. Il faut se pencher sur l'article 123 du Traité de Lisbonne pour comprendre comment cela est possible :

Article 123 : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des états membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d'accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des états membres. L'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. » L'article 123 reprend l'article 104 du traité de Maastricht, également identique à l'article 181 du traité constitutionnel européen. — Traité de Lisbonne

Les états, pour se financer, doivent faire appel aux marchés privés car la Banque Centrale Européenne ne peut plus leur prêter d'argent (et nos banques nationales ne peuvent plus le faire non plus). Donc un état doit emprunter de l'argent via des marchés privés lesquels prêtent bien volontiers l'argent (qu'ils n'ont pas) avec intérêt. Quand un état emprunte de l'argent, cet argent est en fait créé ex nihilo : il n'existe pas, on le crée en échange d'une dette assortie donc, comme on l'a vu, d'un intérêt. Précisons à ce stade que le taux auquel un pays emprunte de l'argent sur les marchés financiers est fortement lié aux cotes établies par les agences de notation : plus la cote du pays est haute, moins il y a de risque à prêter de l'argent au pays en question, et moins l'intérêt exigé est haut; inversement … demandons à la Grèce ! Le cas de ces agences de notation devrait aussi être examiné avec attention.

Par ailleurs avec la directive 2014/59/UE passée au Parlement Européen le 15 mai 2014 sous le titre de directive BRRD pour Bank Recovery and Resolution Directive (voir à ce propos billet Nos comptes bancaires sont en danger), les banques disposent aujourd'hui du dispositif qui leur permet de vous prendre tout ce qui dépasse 100.000 EUR sur les comptes de tous, particuliers ou entreprises. La disparition prochaine possible du cash leur permettrait de ponctionner les comptes de tous, ce qu'on nous fera passer probablement pour une taxe à la transaction ou quelque chose du genre.

Dans une telle situation, une situation de bulle monétaire, il y a trois solutions possibles : (1) la fuite en avant, qui ne fera que voir la situation s'aggraver et le problème enfler, mais qui a l'indéniable avantage de nous apaiser, au moins temporairement, et qui est la solution la plus confortable pour tous, en nous cachant comme l'autruche; (2) l'éclatement de la bulle actuelle avec son lot de désillusions, encore plus sévères qu'en 2008, et l'enchainement de conséquences désastreuses, tout en permettant au système actuel de se perpétrer (c'est exactement ce qui a été fait en 2008, avec pour résultat une accélération des occurrences de crises, conforme aux prédictions de la deuxième loi de thermodynamique et plus particulièrement à la notion d'entropie); et (3) l'éclatement de tout le système en faveur de l'émergence de sous-systèmes (voir à ce propos le billet Systèmes).

Dans les 3 situations je prédis, en 2016 encore, au plus tard en 2017 en 2021 ou 2022, un tsunami financier qui nous touchera tous, pertes d'emploi massives et confiscation de nos biens, dont nos maisons par exemple pour tout qui n'aura pas remboursé son crédit immobilier, saisie au-delà des 100.000 EUR sur nos comptes (c'est ce que permet la directive BRRD mentionnée plus haut), problème qui sera d'autant plus aigu qu'on nous pousse vers une société sans cash, avec pour corollaire l'obligation pour tous de mettre nos économies à disposition des banques. L'avenir me parait inquiétant. Mais je m'inquiète probablement pour rien ! Et vous ? On fera certainement comme on fait ces dernières années : repousser le problème à plus tard ! Qu'en dites-vous ?

13/04/2019 : j'ai modifié les dates auxquelles je prédisais que nous serions touchés par un nouveau tsunami financier. Je suis donc mauvais aruspice. Je l'admets. Mais ceci ne me ravale pas au rang de cartomancien pour autant. J'ai d'ailleurs la faiblesse de penser que le tsunami est évité -- postposé, devrais je dire -- par simple tricherie (par exemple le faux bilan de la Deutsche Bank) et par cavalerie financière.

J'ajoute d'ailleurs au risque présenté ci-avant le terrible risque de l'automatisation, le terrible danger de la société automatique, une société qui est d'ailleurs à l'œuvre aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une fiction. C'est une réalité. Cela a d'ailleurs été mis en lumière par Chris Anderson dès 2008 en indiquant que l'ensemble des services de Google étaient basés sur le capitalisme linguistique sans qu'il soit nécessaire à cette entreprise de développer la moindre théorie du langage. Une société qui tire ses revenus de l'examen automatique des données en sa possession (nos données en fait).

C'est l'avènement d'une Économie computationnelle où l'automatisation généralisée excluera de facto une très large proportion des salariés que nous sommes (et qu'on m'épargne le sempiternel mirage des emplois qui sont créés ailleurs en remplacement de ceux qu'on perd ici) ce qui ne manquera pas de générer une insolvabilité universelle. De quoi largement amplifier les effets d'un effondrement.


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